Graham Hall - Better Architectures

Graham Hall (né en 1975, à Oshawa, Ontario), expose activement depuis 1995. Ses œuvres, dessins et toiles, ont été exposées à la 1080Bus Gallery de Toronto (The Foreign State of Heads, 2001; Drawings, 2002; The Gathering Shadow, 2003), à la Robert McLaughlin Gallery d’Oshawa (Energy Implosion:the (905) Imagination, 2001), et à la galerie Monastiraki de Montréal (Environs, 2012; 2013, 2014; Optimistic Panorama, 2015), ainsi qu’à divers autres endroits, notamment dans des espaces et lors d’événements non traditionnels.

Depuis 2003, Graham expose régulièrement lors d’Expozine, le salon montréalais des petits éditeurs et des zines.De 2003 à 2012, il était leader et auteur pour le groupe punk The Captains qui offrait des spectacles à Montréal et dans les environs.

 
 

À propos de cette exposition

Les pavillons d’Expo 67 et d’Expo 70 à Montréal et Osaka étaient des visions d’un avenir plein de possibilités, et pourtant aucun n’a été bâti pour durer au-delà des expositions.Seuls quelques-uns survivent autrement qu’en photo, et ils semblent évoquer un moment et un endroit qui n’ont presque jamais existé, auquel on a aspiré le temps d’un clin d’œil.De façon similaire, l’essor phénoménal de l’architecture de style international de l’après-guerre représente une vision conflictuelle.Adopté à bras ouverts par les banques et autres organisations économiques d’envergure, ce style architectural qui visait d’abord la démocratisation est plutôt devenu un symbole de l’avarice internationale et de la bureaucratie impersonnelle.

Nous repensons aux produits culturels des décennies qui ont suivi la deuxième Guerre mondiale avec admiration et nostalgie pour une époque lors de laquelle tout semblait possible.Nous imaginons un âge d’or et d’innocence, alors que nous connaissons bien les ravages des dommages environnementaux, des désastres économiques, de la Guerre froide, de la corruption politique et des violentes agitations sociales qui ont jeté de l’ombre sur le monde entier à cette époque.Les mêmes conditions existent encore aujourd’hui, amplifiées, dirions-nous, mais peut-être cette apparence est-elle due à notre manque de recul quant à l’époque actuelle.Pourtant, l’optimisme et l’accueil de tout ce qui est possible sont souvent vus comme naïfs, alors que l’amertume pure est le mode par défaut.

Il semble être extrêmement ringard de chercher des inventions créatives, et très branché de montrer à quel point on est au courant de toutes les choses horribles qui se passent dans le monde.Cependant, les artistes du passé que nous admirons pour leur travail de pionniers devaient faire face au totalitarisme, à la guerre industrialisée, à des inégalités sociales aujourd’hui impensables, aux carcans de la religion et même à la destruction de l’ordre social.À travers la brume de ces difficultés, les visionnaires du passé ont vu l’An zéro. Au lieu de se plaindre de l’obscurité qui planait, ils ont cherché à recréer la lumière du jour.Tout peut être en ruines, mais cela fournit un espace où bâtir. Nous réagissons passivement aux maux qui nous entourent.Imaginer sous-entend que nous sommes activement actifs, que nous avançons vers des possibilités, peu importe à quel point elles peuvent nous sembler irréalisables.Car sans les perspectives qu’offrent les possibilités fantastiques, nous nous noyons dans le pessimisme et les critiques sans fin.

Dans cette série d’œuvres, il est évident que je m’inspire, sans le copier, du début du modernisme ainsi que des géométries de Rodchenko, Schwitters, Klee, Delaunay et du futurisme russe.On y trouve un soupçon d’ésotérisme, comme si les images devraient en dire plus long que la somme de leurs parties.La théosophie pourrait être à son aise ici.L’architecture est bossée, organique, comme s’il s’agissait plus d’une nature morte que d’un paysage. Le dynamisme de l’espace est aplani, mis sur une table, puis vu par une lunette déformante.

J’essaie de parler, par la couleur et la forme, de l’amour, du bonheur et des autres choses fragiles qui nous sont chères, mais qui sont si souvent ignorées parce qu’elles ne nous semblent pas très sérieuses.J’ai un intérêt durable envers les variétés, les utilisations et les significations du kitsch et ses liens avec l’histoire et ce qu’il peut révéler sur nos façons contemporaines de traiter les choses.Je veux rendre cette nostalgie non vide, la purifier de sa mélancolie et la remplir d’un sens contemporain.Je vois dans notre regard vers les années 1960 et 1970 un sens plus profond, qui dépasse le souhait enfantin pour un rêve de hippie jamais réalisé.Grâce à la tradition moderne de l’abstraction formelle, le passé sert le présent, donnant à une époque atomisée et auto-ségréguée un langage international et universel.Il y a ainsi un pont qui se crée avec le 20e siècle, des visions de l’avant-guerre aux hallucinations de l’époque psychédélique révolutionnaire, puisant dans les fantasmes romantiques et les rêves fiévreux d’un esprit mondial en paix, d’une foi envers le possible plutôt que d’un retrait dans le cynisme.

C’est un appel à une conspiration du bonheur, une croyance en l’amour, une acceptation de l’imperfection et la mise à profit de l’ingénuité pour élever l’humanité au-delà des discriminations insignifiantes. Nous allons au-delà de la politique et de la religion.Nous parlons plutôt de la vie et de la santé de l’esprit.Il s’agit de quelque chose d’utopique par nature et non par conception.C’est un très long poème consacré à la description de la positivité et de l’optimisme.