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Robin Crofut-Brittingham


Écologie spéculative

 
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« L’arbre généalogique du genre humain s’émondait de lui-même et semblait avancer dans le temps à reculons, à tel point qu’on aboutirait bientôt à une époque où deux nouveaux Adam et Ève se retrouveraient seuls dans un nouvel Éden. » – J.G. Ballard, Le monde englouti

Ma plus récente exposition est née d’une fascination continue pour les façons dont les humains interagissent avec le monde naturel. Je m’intéresse aux endroits dans lesquels l’hostilité de la nature est apparente pour les humains : les mauvaises herbes et les enchevêtrements dans un marécage grouillant de créatures dangereuses et mortelles, ou les rochers escarpés envahis par la flore vénéneuse de la jungle.

La nature est capable d’une hostilité formidable, même si nous nous convainquons souvent que nous sommes en contrôle. Tandis que le niveau des océans monte, que les tempêtes font rage et que les incendies brûlent des forêts, nous continuons d’imaginer une quelconque capacité humaine supérieure de préservation ou d’influence. Pourtant, les forêts et les terres qui nous entourent sont là depuis toujours et les écosystèmes qui continuent de prospérer le font malgré notre présence, et non grâce à elle. Je me sers de mon travail pour examiner les tensions entre ces deux fantasmes humains : le monde naturel comme devant être préservé et nourri parce qu’il est rare et délicat, et le monde naturel comme un éden voluptueux, sensuel, rempli de rêverie et de consommation irréfléchie. Je veux montrer un monde qui n’est ni l’un ni l’autre. Il s’agit d’un monde dans lequel la nature affiche sa dominance et les humains prennent soudainement conscience de la fragilité de leur situation. Les humains y apparaissent entourés d’une flore et d’une faune qui sont à la fois magnifiquement enivrantes et terriblement dangereuses. C’est un endroit qui est autant un paradis qu’un enfer, où la nature règne en maître.

La recherche est un élément vital de mon art. Pour développer mes œuvres, je joue le rôle d’une naturaliste pour étudier chaque élément naturel qui m’inspire et en apprendre davantage sur lui. Je puise de l’inspiration dans la peinture paysagiste chinoise, les miniatures persanes, les illustrations classiques et les triptyques religieux de la Renaissance nordique. Pour moi, ces sources ont toutes en commun une croisade presque absurde visant à englober la vastitude et le détail de petites parties du monde dans une seule œuvre d’art. Dans notre monde contemporain où les choses sont conçues et produites en quantité pour être consommées, il y a un aspect politique au travail réalisé à la main avec une attention extrême pour le détail. C’est pour moi un privilège et un acte de rébellion de réaliser ces images avec lenteur, délibérément, à la main.

 

À propos de Robin Crofut-Brittingham

Originaire de l’ouest du Massachusetts, Robin Crofut-Brittingham a obtenu son baccalauréat en arts au Bard College d’Annandale-On-Hudson (New York) avec une concentration en poésie et en histoire de l’art. Elle a obtenu sa maîtrise en beaux-arts au San Francisco Art Institute. Elle a été lauréate du prix Murphy Cadogan de la San Francisco Foundation et d’un prix Martha Boschen Porter de la Berkshire Taconic Foundation. Ses œuvres ont été exposées à travers les États-Unis et le Canada.

Les œuvres de Robin Crofut-Brittingham s’inspirent de la mythologie, de la science-fiction et de l’actualité pour examiner les relations des humains avec le monde naturel. Dans son studio de Montréal, elle travaille surtout avec de l’aquarelle et de la gouache sur papier.

VERNISSAGE :  le samedi 21 avril, de 19h à 21h
RSVP (via Facebook) : Speculative Ecology

 
 

Voici quelques photos de l'exposition. Cliquez ici pour voir les photos de la soirée de vernissage.

Earlier Event: November 25
Exposition des Fêtes
Later Event: June 8
Paul Morstad